La direction de Renault doit immédiatement retirer son plan de destruction d’emploi
Depuis plusieurs années, l’emploi et l’activité dans l’industrie automobile en France vont mal : Les vagues de suppressions d’emplois se sont succédées chez les équipementiers. Chez les donneurs d’ordres, les salaires stagnent, la précarité explose, les conditions de travail se dégradent poussant les salariés à la dépression nerveuse, voir au suicide.
Aujourd’hui avec les plans de destructions massives d’emplois chez Renault-France, un cap vient d’être franchi qui met en cause l’avenir même de Renault en tant que constructeur automobile en France. L’Outil industriel et le savoir faire des salariés vont être sacrifiés au seul profit des actionnaires.

Dans le même mouvement faute de pouvoir d’achat suffisant, les consommateurs de notre pays ne renouvellent pas leur véhicule ou préfèrent se tourner vers des automobiles importées et produites hors de la Zone Euro. Les mesures de fiscalité dites écologiques ont été prises, sans prendre en compte la situation des familles et sans travailler à une véritable ambition industrielle afin de concevoir des véhicules propres répondant aux besoins de mobilité des citoyens dans le contexte de notre époque.

Renault fait des marchés asiatiques et russes sa priorité. Son intention est d’y vendre des véhicules qui seront produits et conçus hors de France. Les succès mondiaux de Renault-Nissan rapportent aux actionnaires, sans qu’il y ait de retombées positives en matière d’emplois ou de rentrées fiscales pour nos territoires.
La politique de l’Euro fort pratiquée par la Banque central européenne, contribue à aggraver le score. La situation de l’industrie automobile en France démontre, comme dans l’affaire Airbus, l’absence de toute véritable stratégie industrielle européenne cohérente. L’Union européenne n’est que le jouet des stratégies financières de grands groupes comme Renault qui détruisent des dizaines de milliers d’emplois industriels qualifiés. Cette absence de politique industrielle entraîne de dramatiques pertes de savoir faire et de souveraineté technologique. Notre pays, surtout en pleine crise financière mondiale, ne peut avoir comme seul horizon les services financiers à haute valeur ajoutée et les services à la personne. Cela serait condamné la France à devenir à terme qu’un gigantesque parc de loisir pour riches californiens, chinois, russes et indiens.

Pourtant, le pétrole cher et bientôt rare, les exigences en terme d’écologie et de sécurité, et les changements de mode vie, devraient inciter Renault à investir pour inventer et produire les automobiles de demain, répondant aux nouveaux besoins humains en terme de déplacement en Europe.
Pour ma part, je considère que notre pays a besoin d’une industrie automobile, allant des équipementiers aux bureaux d’étude, en passant par les centres d’assemblage, si elle veut avoir une politique industrielle répondant aux besoins des populations et créatrices d’emplois stables et de qualité. Les succès commerciaux de Renault doivent se traduire par des créations d’emplois en France et des rentrées fiscales pour les collectivités publiques et non par des délocalisations, de la précarité, de la surexploitation des salariés et l’enrichissement des seules actionnaires.
C’est pourquoi, je m’oppose au plan de suppressions massives d’emploi de Carlos Goshn et que je mets mon mandat de député au service de la lutte des salariés de Renault.

Jacky Hénin
Député au Parlement européen,