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La liberté de se déplacer est un droit essentiel pour chacun des citoyens européens. Pour que ce droit puisse vivre il est indispensable de pouvoir accéder à des transports sécurisés, de qualité, écologique, financièrement accessibles à tous. Cela passe par un service public du transport ferroviaire performant, desservant tous les territoires, bien maillé et interconnecté. Ceci implique des entreprises ferroviaires intégrées, de propriété publique, pour pratiquer à la fois la péréquation entre territoires et services et la coopération au niveau européen. Ceci implique que l’on considère les voyageurs comme des usagers-citoyens ayant des droits et non des clients dont seule l’épaisseur du portefeuille compte. Malheureusement la Commission, le Conseil et la majorité de ce Parlement ont choisi dogmatiquement de faire du transport ferroviaire non pas un instrument de liberté mais un bien comme les autres, livré au marché et à la concurrence. On a cassé les sociétés ferroviaires nationales en séparant infrastructures et services de transport, voyageurs et frets, exploitation et sécurité. On a interdit les subventions croisées qui permettaient la péréquation territoriale et de service. On a poussé la bêtise jusqu’à dépenser des millions d’euros pour que les locomotives qui pouvaient tracter indifféremment un train de fret ou de voyageurs, ne puissent plus le faire. Le bilan est accablant : dégradation de la qualité du service et augmentation des prix pour les usagers, fermetures de lignes, infrastructures qui tombent en ruine. Et surtout une baisse importante du niveau de sécurité. Quand vous séparez infrastructures et services, lorsqu’a fortiori vous confiez la responsabilité de la sécurité à une troisième entité, vous prenez des risques avec la vie des utilisateurs. Les accidents parfois mortels se sont multipliés ces dernières années. C’est l’une des terribles conséquences logiques de votre politique irresponsable. Avec les « paquets ferroviaires », au lieu de moderniser les chemins de fer d’Europe et leur donner les moyens de leurs ambitions, on a désorganisé ce mode de transport pour le lancer dans une concurrence stupide avec l’aérien, injuste et inégale avec la route, au détriment de la cohérence des réseaux et du développement des dessertes de proximité. Grâce à votre paquet, hormis sur les Ligne à Grandes Vitesse, on circule maintenant moins vite sur le réseau ferroviaire français qu’il y a 100 ans. On nous avait aussi promis que la concurrence ferait baisser les prix. C’est tout le contraire qui se passe. La concurrence provoque comme dans le secteur de l’énergie une forte augmentation des prix pour les usagers. Dernier exemple en date : la SNCF premier consommateur français d’électricité achetait son énergie à EDF à un tarif spécifique. Mais pour mettre en place la concurrence ferroviaire, la Commission oblige la France à légiférer pour qu’en juin 2011, la SNCF paye 25% plus cher sa facture électrique. Merci la Commission, merci la concurrence, grâce à vous en pleine crise les demandeurs d'emploi, les familles françaises devront payer plus cher leur billet de train pour rechercher un emploi, se déplacer !
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