| Seafrance : Lettre à Mr le Préfet du Pas de Calais |
Monsieur, Par la présente, je souhaite attirer votre vigilante attention sur la situation difficile traversée actuellement par la société SEAFRANCE, unique compagnie maritime transmanche française sur le détroit du Pas-de-Calais. Vous n’êtes pas sans savoir que le plan de redressement prévu par la direction de la compagnie porte sur la suppression de 543 postes. Cette restructuration, si elle se confirme, aurait des conséquences néfastes sur un Calaisis au demeurant déjà sévèrement meurtri. En effet, la crise économique continue de faire des dégâts, épargne peu les entreprises calaisiennes et laisse de surcroît de nombreux salariés et leur famille dans l’incertitude et l’insécurité sociale. Est-il nécessaire de rappeler les risques de liquidation qui menacent la société NOYON, l’annonce d’un nouveau plan social et la probable perte de 45 emplois chez BRUNET, l’incertitude quant à l’avenir de TIOXIDE, ou encore les 115 licenciements annoncés chez Cave Canem, la fermeture annoncée ces derniers jours de l’entreprise Cuno pour la fin de cette année… ? Dans ce contexte, l’annonce d’un plan drastique chez SEAFRANCE, premier employeur privé de Calais et de sa région, a fait l’effet d’un coup de tonnerre. Compagnie hier florissante, qui se targuait encore, en septembre 2008, de battre un record historique en réalisant 56 traversées quotidiennes entre Calais et Douvres et soulignait l’augmentation du nombre de véhicules embarqués (+ 40 % pour les voitures et + 20 % pour les camions), qui s’enorgueillissait de la modernité de sa flotte et de la qualité du service proposé aux usagers, et qui avait l’ambition de « capter » durablement une partie de la clientèle perdue par l’ouverture du Tunnel en 1994. Cette compagnie, aujourd’hui justifie la restructuration par le résultat dégradé de l’exercice 2008, dégradation, cela dit, découlant certainement en tout ou partie de circonstances exceptionnelles. Quoiqu’il en soit, « situation économique intenable » pour les dirigeants ou « tableau noirci » pour les organisations syndicales, au fil des semaines des points de discorde ont émergé entre les partenaires sociaux et chacun désormais campe sur ses positions. Bien que le dialogue ne soit pas rompu, il n’en est pas moins tendu. Par conséquent, à l’instar de la décision prise pour d’autres grandes entreprises de ce pays, je sollicite votre intervention afin de désigner un médiateur dont la mission permettrait d’établir, voire de rétablir, un dialogue social constructif. Pour ma part, je ne doute pas que l’Etat, dans sa grande sagesse, soucieux de préserver le dialogue social dans une filiale d’un établissement public, apportera tout son soutien à la concrétisation de solutions positives. Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de ma haute considération. Jacky Hénin Député européen |