Sur la Réforme du Commerce international en session plénière du Parlement européen le 23 avril 2008
L'Organisation mondiale du commerce (OMC), comme le Fond monétaire international (FMI), est une organisation illégitime, anti-démocratique et dangereuse pour les intérêts des peuples.

Elle a été fondée en 1995, pour assurer l'hégémonie financière et industrielle des Etats Unis. L’Union européenne s’est mise servilement au service de ce système, espérant recueillir quelques miettes du festin du maître américain.

Le libre-échange débridé s'est retourné contre ses initiateurs, le centre de gravité économique de la planète a basculé de l'Occident à l'Asie, produisant la plus terrible des crises financières et alimentaires qu'ait connues notre planète. On voit mal les pays émergents renonçaient à leur stratégie de prédation, toute l’organisation même du commerce international construite autour de l’OMC, les contraint à persévérer dans cette voie. Dans l'Union européenne, du fait de cette mise en concurrence des peuples et non des entreprises, les inégalités ont explosé et les classes populaires et moyennes sont en voie de paupérisations.

La crise alimentaire qui frappe les populations les plus pauvres est une conséquence directe de la politique de l'OMC et du FMI, visant à détruire les cultures vivrières au profit des cultures d'exportation. Les biocarburants ne sont que le bouc émissaire facile d'un système pourri. Je ne tiens ici, devant le Parlement européen, à dénoncer solennellement les propos criminels du Commissaire européen au Commerce international Peter Mandelson, appelant à encore plus déréglementer les marchés agricoles. Le blairiste Mandelson tient-il donc à entrer dans les livres d'Histoire sous l'épithète infamante d'affameur ?

L'OMC doit être révolutionnée pour brider les comportements spéculatifs, favoriser les producteurs au détriment de la minorité des profiteurs des services financiers mondialisés, encourager la souveraineté alimentaire et industrielle des peuples, inciter les nations à la coopération et non à la concurrence.
L'OMC, symbole de l'antagonisme entre gouvernance et démocratie, doit être placée sous contrôle de l'ONU.

Jacky Hénin
Député au Parlement Européen