Cérémonie commémorative : libération de Rouen
Chers amis,
Chers camarades,


C’est avec plaisir et émotion que je participe aujourd’hui à la traditionnelle cérémonie commémorant la Libération de Rouen, que vous organisez,
Ici au siège de la fédération de Seine-Maritime du PCF, devant cette plaque honorant la mémoire de 210 militantes et militants communistes, engagés dans la Résistance.  

Nous rendons ainsi hommage à celles et ceux qui tombèrent pour leur idéal de justice, de liberté, de démocratie, pour la France.

A celles et ceux qui avaient la conviction que le salut dépendrait d’initiatives alliées, mais aussi de leur propre combat.
A celles et ceux qui multiplièrent des actions héroïques comme des actes plus quotidiens de résistance active.

Nul ne doit oublier le sacrifice de ces femmes et de ces hommes, c’est pourquoi nous tenons à redire, année après année, qui ils furent.

Qui furent ceux qui nous ont quittés depuis.

A l’exemple de notre camarade Jacques EBERHARD, disparu le 27 juillet dernier, ils furent des combattants de l’espoir et de la dignité pour le peuple quand d’autres se laissaient aller au mercantilisme.

Jeune militant communiste, Jacques EBERHARD, a refusé de se soumettre au Service du Travail Obligatoire imposé par le régime de Vichy, au profit des forces nazies qui asservissaient la France et l’Europe.

Emprisonné, il organisa une incroyable évasion, sur l’essieu d’un train, pour rejoindre ses camarades dans la Résistance. Jeune dirigeant de la fédération de notre parti après-guerre, l’engagement politique de Jacques est étroitement lié à sa ville, Gonfreville l’Orcher, dont il fut le sénateur-maire, et au formidable développement qu’il en impulsa.
Nos pensées vont à lui ce soir.

Je pense aussi à ceux qui sont toujours parmi nous et qui poursuivent inlassablement leur combat, et le travail de mémoire en direction des jeunes générations,
À l‘image de  Charles PIERTERS à qui André DUROMEA remettra les insignes de Commandeur dans l’ordre de la légion d’honneur, mardi prochain, à Dieppe.

65 ans après la fin de la guerre et la reddition de l'Allemagne nazie, il n’est pas inutile de rappeler jusqu'où put aller la barbarie, la systématisation de l’extermination, l’épouvante des camps de concentration.

Pas inutile non plus, de rappeler le sens du combat de ces hommes, de ces femmes, souvent jeunes, parmi lesquels de nombreux communistes dont chacun sait l’engagement pour rassembler les forces engagées dans la Résistance.

Un combat qui puise sa source, profond dans l’histoire, dans les valeurs de notre pays et de son peuple.

Le Parti communiste français avait saisi dès 1934, qu’il fallait défendre la République quand le fascisme français, attisé par ce qui se passait en Allemagne et en Italie, entendait la prendre d’assaut, et alors que nombreux, à gauche, sous-estimaient le danger.

Sa politique unitaire portait à la fois le combat antifasciste et une démarche sociale exigeante.
Et le « Front populaire pour le pain, la paix et la liberté », devient une idée populaire, une force formidable.

Cette visée émancipatrice fut aussi celle du Conseil National de la Résistance qui donna vie, dans un pays encore occupé, à un programme novateur, jetant les bases d’une « République nouvelle ».
Axé sur la solidarité et l’égalité, prônant de nouveaux droits sociaux et citoyens, développant une protection sociale inégalée, créant des services publics ambitieux, ce programme permit la reconstruction de notre pays et sa prospérité.
Les « grandes féodalités économiques et financières », que dénonçait le Conseil National de la Résistance, n’ont jamais admis que la France se dote de tels outils de solidarité et de justice sociale au service du peuple.
Elles ont aujourd’hui avec le gouvernement français, le président de la république et bien des dirigeants de l’Union européenne, des serviteurs zélés qui s’attachent à mettre en pièce, une à une, toutes ces conquêtes.
Voilà pourquoi nous sommes profondément choqués lorsque N. Sarkozy, devant le congrès, réuni à Versailles au mois de juin dernier, se réfère au Conseil National de la Résistance et au pacte social qui en est issu.
Nous sommes profondément choqués, parce que précisément, la feuille de  route des dirigeants de la droite et du grand patronat, en France et en Europe, c’est détruire ce pacte social. Pour que la logique capitaliste puisse s’emparer de tous les domaines de la vie.

Cette logique a produit la crise profonde que nous subissons actuellement.
Des sommes fantastiques, fruits du travail des hommes, accaparées pour grossir des masses énormes de capitaux à la recherche de la rentabilisation maximale, ont été perdues au casino de la spéculation mondiale. Et c’est encore leur argent qui a permis de renflouer les spéculateurs, sans contrepartie ni condition.
Pas de trêve estivale pour les tenants du capitalisme. Les filières automobile, chimique, pharmaceutique, verrière, …qui font la réputation de votre département et de ses savoir-faire subissent des restructurations, avec une seule logique : réduire les coûts de production, les dépense de recherche, les investissements sociaux et industriels.  
L’outil industriel est saccagé par des groupes comme Alcatel-Lucent, qui poursuit le grand rêve de S. Tchuruk d’une entreprise sans usines, et engage un plan de suppression de 1000 emplois, dont 200 à Eu.
La santé, la vie des hommes et l’environnement sont mis en cause à l’image de Total qui a fait l’actualité tout l’été avec des scandales à répétition : des blessés graves, ici, dans ce département, des morts ailleurs. Plus personne ne croit à une mauvaise série de coïncidences !
C’est bien parce que l’on rogne sans cesse sur la sécurité au nom des sacro-saintes marges que de tels drames se produisent.  

N. Sarkozy l’avait promis. Il allait réformer le capitalisme. Le moraliser.
En réalité, il fait tout ce qu’il peut pour sauver ce système. Pour permettre aux actionnaires de retrouver aux plus vite les taux de profit les plus élevés.

La droite promet ainsi de porter l’âge légal de la retraite à 67 ans, alors même que nous étions parvenus, au parlement européen, à mettre en échec une directive du même acabit.
Le travail du dimanche a été imposé aux salariés en plein cœur de l’été, les femmes risquent de perdre des droits à la retraite, les salariés de la fonction publique sont soumis à l’insécurité. La Poste risque de nouveau d’être livrée aux puissances d’argent.
Avec le bouclier fiscal, et prochainement la suppression de la Taxe professionnelle ou la mise en place d’une « taxe carbone », la droite développe une fiscalité qui prend dans les poches des modestes pour donner aux plus riches.
Même parée de vertus prétendument écolo, cette logique est inacceptable.
Elle engage une réforme des collectivités qui vise à empêcher les élus locaux de mener d’autres politiques que celle de la droite, et à supprimer au passage des milliers d’emplois de fonctionnaires, à réduire un peu plus encore les services publics.

Après s’être attaqué aux grandes conquêtes issues de la Résistance et du programme de son Conseil national, c’est en effet au modèle républicain issu de la révolution française que la droite entend s’attaquer.
Le monarque Sarkozy, s’est déjà attribué de nombreux pouvoir en ce sens. Il entend désormais mettre en œuvre un nouveau charcutage électoral de la France pour priver le peuple de parlementaires qui le défendent.
Et que dire des ses visée atlantistes si contraire à l’esprit de la France.  
Engagé dans l’OTAN comme jamais dans son histoire, notre pays ne se grandit pas en Afghanistan, où les troupes sous commandement américain ne sont parvenues jusqu’alors qu’à une seule chose : redonner force et influence aux talibans…
Pourtant, l’héritage de la Résistance c’est aussi la volonté de construire la paix dans le monde et tout particulièrement en Europe.
L’Europe, cette belle idée née à l’issue de la seconde guerre mondiale de la volonté des peuples que plus jamais le « vieux continent » ne connaisse la « boucherie » de 1914-18, ni l’horreur de 39-45.
Cette belle construction devait permettre de nous hisser au niveau de la concurrence économique internationale, pour en tirer tous les bénéfices.
Mais le dumping social, fiscal, environnemental fait peser sur chaque salarié des menaces de délocalisation d'entreprise, verrouille les salaires, tirent tous les droits sociaux vers le bas, au motif de la sacro-sainte « compétitivité », et empêche de soutenir nos activités. C’est ainsi que l’idée de bénéfice commun pour l’humanité s’est transformée peu à peu en bénéfice particulier pour les détenteurs du capital et en difficultés pour le monde du travail.


L’Europe devait être synonyme de l'avènement de la démocratie sur tout le continent, mais pour ne citer que cet exemple, référendum après référendum, la parole des peuples est bafouée. La monnaie unique devait faciliter les échanges et nous garantir la prospérité. Mais l'Euro s'est traduit par des augmentations des prix.

Aujourd'hui c'est le modèle même de la mondialisation capitaliste - que l'on nous présentait hier comme la marche « naturelle » de l'histoire - qui plonge notre pays, notre continent et le monde dans une crise d'une ampleur et d'une profondeur jamais égalée.

Comment s’étonner dans ce contexte que l’élection européenne de juin dernier ait connu une si faible mobilisation.  

Voilà pourquoi ma priorité pour ce deuxième mandat, que les électeurs de la grande région nord-ouest m’ont confié, sera de me battre de toutes mes forces dans un parlement ultra-majoritairement libéral, pour faire entendre une voix différente qui exprime la souffrance de ceux qui sont victimes des politiques mises en œuvre.

Dans tout ce qu’on a entendu pour ce début de mandature, que ce soit de l’ancien président du Parlement ou du nouveau, nous n’avons pas une seule fois entendu parler de la souffrance des peuples, des salariés, de la crise.

Il est grand temps que cette parole soit entendue pour ne pas poursuivre une politique qui nous emmène droit dans le mur et pour offrir de nouvelles perspectives.

Au travers de cette commémoration, notre devoir dépasse le seul devoir de mémoire. Car nous mesurons combien le combat de nos aînés est un combat à poursuivre dans les conditions de notre époque.

Voilà pourquoi, en cette rentrée, les communistes sont aux côtés de leurs concitoyens, tendus vers un objectif : construire des solutions à la crise du capitalisme qui fait tant de ravages. Et rassembler en faveur de leur mise en œuvre jusqu’à les faire gagner.  

Ces solutions, les parlementaires nationaux leur ont donné la force de proposition de lois. Nous les portons nous-mêmes, au parlement européen, avec le groupe de la GUE.  

Elles visent :
À abroger le bouclier fiscal,
Supprimer les stock-options  et les parachutes dorés, interdire les licenciements dans les entreprises qui distribuent des dividendes,
Prévenir les licenciements économiques et sauvegarder l’emploi ;
Augmenter les salaires ;
Donner des pouvoirs nouveaux aux salariés dans la gestion des entreprises ;
Promouvoir une juste répartition des richesses ;
Contrôler l’utilisation des fonds publics ou mettre en place un système de crédit favorable aux entreprises qui investissent dans l’emploi, les salaires et la formation, et pénalisent les autres.
Ou encore à créer un statut de société européenne qui oblige au respect des droits nationaux des codes du travail