| Bilan de la politique industrielle de l'Union européenne en séance plénière à Strasbourg |
|
L’existence de ce rapport sur le bilan de la polique industrielle européenne est en soit une bonne nouvelle. Notre Parlement s’intéresse enfin à l’industrie et il reconnaît à l’Union une vocation industrielle. Hélas, force est de constater que pas un mot n'est écrit sur le problème central de la faiblesse du dollar par rapport à l’Euro. Or celle-ci, fait courir un danger mortel à l’emploi industriel en zone Euro, dans les secteurs de hautes technologies et de fortes valeurs ajoutées. D'une manière plus générale rien n'est écrit dans ce rapport sur le développement de l’emploi industriel sur le territoire de l’Union européenne et dans la zone Euro. Or les succès commerciaux des grands groupes industriels européens profitent maintenant de manière de plus en plus faible au développement dans l'Union de la ressource fiscale et de l'emploi, y compris dans les PME sous traitantes. Les grands groupes européens délocalisent et externalisent vers les pays pratiquant le dumping salarial, social, sanitaire, fiscale et écologique. En payant souvent leurs PME sous traitantes en dollar, ils les poussent à faire de même. Ce ne sont pas les firmes qui supportent le coût et les gâchis de la concurrence, mais les peuples par une fuite en avant vers le moins disant salarial, social, fiscal et écologique. Ainsi, alors que les emplois industriels sont détruits dans L'Union européenne, la part des salaires dans la valeur ajoutée de l'industrie chinoise a régressé de 1998 à 2004, de 47,9% à 30,8%. La sauvegarde et le développement de l'emploi industriel dans l'Union passe par la taxation des marchandises importées qui sont produites dans des conditions de productivité équivalente à celle de l'Europe, mais dans un cadre de dumping salarial, fiscal, social, sanitaire et écologique. Les libéraux appelleront peut être cela du protectionnisme, mais quelle utilité a l'Union européenne si elle est incapable de protéger ses salariés et ses citoyens ? L'avenir de l'industrie européenne passe aussi par la constitution par les Etats membres de fonds souverains afin de financer de manière pérenne les investissements nécessaires en recherche & développement et formation des salariés. Hélas là aussi, une fois de plus le rapport est muet. |